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Jean-Claude Croze, candidat pour « Bien vivre Brison-Saint-Innocent : « Tromper les électeurs, c’est se tromper soi-même »

Par Jérôme Bois • Publié le 12/03/20

Jean-Claude Croze se présente une nouvelle fois face aux électeurs de sa commune, pour un troisième mandat. Un mandat de la continuité, de la proximité pour un premier magistrat qui affirme n’être pas lassé de monter au créneau pour ses concitoyens, conscient néanmoins des nouveaux enjeux qui se profilent et satisfait d’un bilan qui place Brison parmi les communes les mieux gérées du département.
Mardi 10 mars, salle Despine, une cinquantaine de personnes ont bravé la menace virale pour suivre la dernière réunion de campagne d’un maire finalement peu présent sur la scène médiatique – nous ne l’avons rencontré que cette semaine, du reste. Facile, affable, il connaît ses gens, il connaît les recoins de sa commune, Jean-Claude Croze mise sur la proximité et les petits plus de la vie quotidienne pour battre la campagne. Même pas las. « Les choses sont claires, si l’on ne veut pas s’engager, il faut fuir d’urgence ! » L’envie, premier moteur, il l’a, à n’en point douter. Est-ce que cela suffit ? Non. « Il faut savoir se remettre en question, le monde tourne très vite, on sait que dans notre programmation 2020/2026, il y aura un écart entre ce que nous proposons et ce qui sera réalisé, car entre temps, l’environnement change, nous devrons nous adapter ». Il cite le stade en exemple, qui n’était pas programmé. L’attrait du pouvoir ? Très peu pour lui : « Le pouvoir de faire, oui, le pouvoir sur les autres, non. Ce qui me paraît le plus important, c’est le pouvoir d’améliorer le quotidien des gens, et ce ne sont pas que des mots » , promet-il. « Il faut accepter l’échange, le dialogue » , parfois même la contradiction, la réunion du 10 mars l’a prouvé.

« Il faut des projets tenables »

Améliorer, donc. Mais quoi ? Et comment ? Et surtout, dans quelle mesure ? « Cela passe par des projets d’embellissement, de modernisation des réseaux, d’aménagements… ces améliorations que l’on a oublié au bout de trois semaines… On a un peu une propension à l’oubli, dans une commune, vous savez… » Il cite la transition écologique, comme tout bon candidat engagé en 2020 mais en relativise le sens : « C’est un peu tarte à la crème comme principe. Concrètement, ça veut dire quoi ? Le maire doit pouvoir donner ce cap, avec des projets tenables, pas de grandes promesses irréalisables ». Planter des arbres ? Oui, 200. « Mais pas n’importe où, pas n’importe comment ». La transition écologique sera surtout axée sur les économies d’énergie, l’offre de mobilité et la lutte contre la densification de l’habitat. Rien de grandiloquent. « Il faut des projets tenables » , insiste-il, comme un leitmotiv, certes, mais aussi, sans doute comme une pique à son adversaire, René Chevalier, enclin à des bouleversements plus drastiques (lire notre article du 17 janvier). Paradoxalement, et c’est un peu la particularité des maires candidats, le programme de Jean-Claude Croze repose avant tout sur le bilan : il le juge à la hauteur. « Nous avons investi 5 millions d’euros sur l’ensemble du dernier mandat, financés à 80% par l’extérieur. Vous n’imaginez le travail que cela nécessite ! » Il est toujours bon de le rappeler. C’est aussi ça, qu’il appelle « le temps des collectivités » , c’est le travail, le discours, la méthode « plus que l’homme ».

Le « sale boulot » a été fait

Face à sa majorité, voici plusieurs mois, le maire, l’homme, s’est du reste interrogé à haute voix : « Suis-je toujours l’homme de la situation ? Le monde a changé, restait à savoir qui l’incarnait le mieux, qui le comprenait le mieux. J’ai été… (il hésite) comme plébiscité. Le facteur humain est important ». La continuité est assurée. « Marquer une rupture est un risque, on casse les réseaux ». Et préparer sa succession sera l’une de ses tâches, « c’est aussi la fonction d’un élu que de savoir préparer ses successeurs ». Sur le programme, que dire ? Il y aura bien une maison médicale, les réseaux seront toujours plus enfouis, notamment à Brison-les-Oliviers, les espaces publics seront végétalisés, les installations sportives régénérées, du commerce devra être implanté en centre-bourg, une passerelle enjambera le boulevard Gaston-Mollex pour rallier la plage, l’Ehpad Felix-Pignal sera délocalisé lorsque le nouvel hôpital sera construit, à Grésy-sur-Aix (le bâtiment devra trouver une nouvelle destination, sans autoriser de nouveaux projets immobiliers, sur cette emprise)… Surtout, l’écoute sera accrue « avec une dynamique de consultation sur les projets ; mon arsenal participatif est prêt ».  Tout n’a pas été rose, au cours de ces deux derniers mandats, « nous sommes une commune handicapée par ce qui a été fait il y a 25 ou 30 ans, j’ai réussi à faire baisser le niveau d’endettement sans réaliser d’emprunts, nous bénéficions aujourd’hui et en conséquence, d’un petit autofinancement » , qu’il s’agira de faire fructifier, en l’injectant où il sera utile et fertile. « Créer du tourisme, par exemple, effectivement, cela semble vertueux pour une commune sur le lac mais ça n’alimentera pas nos caisses sinon celles de l’agglomération, qui en a récupéré la compétence » , d’où son refus d’agrandir la capacité d’accueil de la plage, « elle ne doit pas être sur-fréquentée » , avait-il insisté en réunion publique. La mobilité ? « Ça ne se réglera pas d’un coup de baguette magique » mais le goulet de Cotefort sera déjà l’un des enjeux du mandat à venir… En gros si le « sale boulot à été réalisé » il reste à bien poursuivre le travail. Et cette anecdotique mais ô combien symbolique intervention d’un membre du tissu associatif local, venu remettre un diplôme au maire en pleine réunion, dit quelque chose de ce que les gens attendent de leurs édiles : l’Argus des communes a rendu sa copie sur la gestion saintinnoise, la plus haute note de la région, 18/20, lui a été attribuée.  De quoi gonfler à bloc un maire dont on reconnaît « la capacité de travail » , assume-t-il. « Je suis prêt et engagé, car tromper les électeurs avec de fausses promesses, c’est se tromper soi-même ». Avec « Bien vivre Brison-Saint-Innocent », Jean-Claude Croze est bien décidé à tenir fermement les rênes d’une commune dont le confort et le charme sont chers aux yeux de ses habitants.

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