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Chambéry : les esprits s’échauffent autour de projets majeurs lors du dernier conseil municipal avant la trêve estivale

Par Jérôme Bois • Publié le 01/08/20

Cela devait être un conseil municipal assez tranquille, les points à l’ordre du jour ne présentant pas de véritable source de tension entre minorité et majorité : nominations, désignations, donné acte, rien d’extravagant pour ce dernier conseil municipal avant la trêve estivale. C’était sans compter sur quelques piques de la minorité qui ont abouti à des explications, nettes, à propos des projets de l’équipe de Thierry Repentin sur les sujets majeurs de la campagne : le parking Ravet et le stade. Retour sur un conseil municipal sous canicule.
Un vote concernant les représentants de Cristal Habitat, un vœu envoyé quelques heures avant le conseil auront donc suffi à permettre aux élus de la minorité de jouer leur rôle du mieux possible : les piques ont fusé, Michel Dantin et Aloïs Chassot ne cachant pas leur agacement face aux réponses de Thierry Repentin, aux réponses franches et ciselées. Mais ce conseil a aussi été l’occasion de faire un point sur des sujets qui ont défrayé la chronique depuis de nombreux mois. On sait donc à présent où veut aller l’équipe Repentin. 

« C’est un moment historique, pour la première fois, il n’y aura pas d’élu de la minorité dans la délégation de la ville à Cristal Habitat! » 

Michel Dantin et Walter Sartori.
Dix minutes de séance, quatrième délibération et première opposition à une délibération de la part de la minorité. Elle émane de Michel Dantin sur la désignation des représentants permanents au conseil d’administration et du représentant permanent aux assemblées générales de Cristal Habitat. Quatre représentants ont été proposés par Thierry Repentin pour ces postes : Gaëtan Pauchet, Raphaelle Mouric, Florence Bourgeois et Daniel Bouchez. « Je vous avais proposé la candidature de Sylvie Koska, je suis surpris qu’elle ne figure pas dans les noms que vous venez de vous proposer. » Le maire ne se laissa pas entraîner dans la polémique : « Sans doute n’avez vous pas participé à la réunion du conseil communautaire d’hier soir, durant lequel il était prévu qu’il y ait 4 représentants des élus qui ont soutenu la candidature d’Aurélie Le Meur à la présidence, dont plusieurs Chambériens, et pour faire fonctionner au mieux l’agglomération nous avons accepté de n’en nommer que deux […] Nous restons donc à quatre Chambériens de la majorité désignés par le conseil municipal et un Chambérien désigné par Grand Chambéry alors qu’ils auraient pu être trois ou quatre. » Réplique de Michel Dantin : « Enfin c’est un moment historique puisque c’est la première fois que l’opposition ne sera pas représentée dans la délégation de la ville au sein de sa structure d’habitat et d’économie sociale, j’en prends acte. » « Ce n’est pas sa structure », abonde Thierry Repentin, « puisqu’il a été rappelé hier soir, en long en large et en travers par Monsieur Dyen, que désormais Cristal Habitat avait comme collectivité locale de rattachement, l’agglomération, possédant 54% de son capital. Mais nous aurions pu effectivement avoir Sylvie Koska sur le contingent d’élus de l’agglomération, c’est un choix qui a été fait par vos amis et vous devriez leur parler. » Fin de l’acte 1. 

Aloïs Chassot remonte au filet 

Aloïs Chassot.
Cela devient une habitude : Aloïs Chassot avait donné le ton dès le conseil municipal d’installation fustigeant la décision du nouveau maire d’augmenter le nombre d’adjoints, avec la verve qu’on lui connaît, désormais. L’élu a donc repris le micro au cours de ce conseil, et si la première fois, il avait indiqué « faire son Henri Dupassieux »  en prenant la parole comme son ancien collègue de la minorité qui discutait toutes les délibérations concernant la Société de distribution de chaleur de Chambéry, de manière plutôt apaisée, la deuxième salve l’a été bien moins. En cause, un vœu, qu’il a adressé au service et qui lui a été retoqué pour des raisons de délais. Qu’à cela ne tienne, il l’a lui-même distribuée à l’ensemble des élus au conseil. « C’est un choix de votre part de ne pas retenir ce vœu, sur des sujets d’actualité, le Lyon-Turin et le maintien des Eurostars. Je suis surpris mais j’en prends acte […] c’est je crois une méthode que vous avez choisi de communication entre la majorité et la minorité, une méthode qui pour moi est éloignée de ce que vous aviez annoncé lors des précédents conseils et lors de la campagne électorale […] C’est votre choix, vous avez la majorité, ce n’est pas notre façon de voir les choses et ça n’augure pas de très bonnes relations entre minorité et majorité pour les six ans à venir et pour ma part j’aurais espéré quelque chose de beaucoup plus constructif. »  La réponse de Thierry Repentin, qui avait émis le souhait lors du premier conseil de travailler avec les minorités, a fusé « Chacun a pu mesurer la teneur de vos propos, la façon dont vous voulez travailler avec la majorité, moi j’ai tendu la main pour travailler avec vous et on pourra le faire si vous le souhaitez. Nous avons fait des propositions pour que les élus de la minorité soient représentés dans des organismes où il n’y avait pas d’obligation. […] Il n’y a pas lieu de créer des contestations là où il n’y a pas besoin ou de faire un petit peu de buzz sur les réseaux sociaux Mais vous aurez j’imagine souvent l’occasion de prendre la parole sur ces tonalités, puisque ce n’est pas la première fois et qu’on comprend bien la stratégie qui est la vôtre. » Fin de l’acte 2, avec pour rendre le débat encore plus intéressant outdoor, via un post d’Aloïs Chassot sur… les réseaux sociaux. 

Le parking Ravet ne sera pas démoli, mais il ne sera plus élevé

Fin du suspens sur le devenir du parking Ravet : les travaux continuent, mais pas d’élévation pour l’ouvrage déjà en cours de construction. Ils l’avaient dit, ils le font, donc. Mais pas n’importe comment « Nous souhaitons que le dialogue reprenne autour de ce parking et qu’il soit vu de façon plus positive par les Chambériens, ce qui veut dire qu’il faut qu’on rediscute de son dimensionnement et c’est pourquoi une concertation des habitants aura lieu à la rentrée selon plusieurs scénarios et schémas d’aménagement pour rendre plus acceptable cet outil » a annoncé Thierry Repentin.
Interpellé dés le début du conseil par Walter Sartori, le maire a pris le temps pour répondre dans le détail aux élus de l’ancienne majorité. Dans la deuxième semaine de juillet, une réunion avec les services de la ville a donc eu lieu, « pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de ce dossier très complexe dans ses conséquences, urbanistiques, juridiques et budgétaires avant de rencontrer Q Park, car nous avions indiqué qu’une fois élus, nous saisirions cette entreprise pour voir quelle était la marge de manœuvre d’évolution du parking Ravet. » a poursuivi l’édile. La nouvelle majorité a donc dit « non » au projet tel qu’il a « été imaginé par ses concepteurs », s’ensuivirent quatre réunions en commun avec les services, Aurélie Le Meur et la directrice générale de Q Park. « Le bâtiment sera moins haut, aura moins d’étages, donc moins de places de stationnement, tout cela a été présenté à l’Union des commerçants et aux associations. Les Chambériens nous accompagneront, ainsi que sur l’environnement, même si nous ne considérons pas que ce soit en entrée de ville un signal très positif, cet outil, nous en héritons, nous ferons avec, il ne sera bien entendu pas démoli. »  Le parking Ravet n’a donc pas encore fini de faire parler de lui. 

Bisbilles autour du financement du stade : « rien de concret » sur le financement par les autres collectivités déplore Thierry Repentin

Le maire, Thierry Repentin.
« Monsieur Sartori, vous dites que le chantier est lancé et financé, je confirme qu’il a été lancé, sur le financement j’ai un peu plus d’inquiétude » a lancé Thierry Repentin à l’élu de la minorité. Les détails de financement échapperont au lecteur le plus assidu : les uns disent que le projet est financé, les autres que rien de concret, de signé, de finalisé n’est posé sur la table. « Je ne peux pas engager la commune sans délibération, c’est la moindre des choses que l’on attend d’un élu responsable. » L’ambiance est donc remontée d’un cran, nous étions pourtant en fin de séance. Pas question de ne pas faire ce stade bien entendu. 18,6 millions d’euros hors taxe, c’est le coût de l’équipement. Mais il n’a pas été poursuivi pour des raisons budgétaires. « Entre l’avant-projet définitif et l’ouverture des offres, il y a 4 millions d’écart. Sur le plan de financement acté entre la Région, le Département et Grand Chambéry, nous étions sur des certitudes de financement de 8,5 millions d’euros sur les 18,6 millions hors taxe, puis il y a eu l’insertion d’un parking, mais également d’équipements connexes, à 6 millions d’euros. Il n’y a pas d’engagement définitif de partenaires, il y a des hypothèses et je ne peux pas engager la commune sur des hypothèses. » L’ancien maire a vivement réagi à ce postulat : « Je pense que vis-à-vis de ceux qui nous regardent il faut être extrêmement clair », a expliqué Michel Dantin. « L’engagement de la région sur le stade est de 2 millions, l’engagement du département est de 2 millions, il y a un engagement de la région et du département de mettre 2 millions supplémentaires dans le cadre du contrat de plan, et pour le reste il y a un accord 50/50 du solde avec l’agglomération et l’agence de l’eau dont la subvention devait être de 500 000 euros » « Je n’ai pas d’écrit, il n’y a rien de concret. » a rebondit Thierry Repentin. 
Quoiqu’il en soit, les travaux se poursuivront au stade, dans la mesure de ce qui peut être fait. Une séance par 35 degrés dans la salle du Manège suffisamment large pour éviter les surchauffes et garder les distances de sécurité, donc, mais qui n’aura pas suffi à contenir les points de discorde. Retour aux affaires le 31 août prochain, au même endroit, où sans aucun doute, l’occasion sera redonnée aux uns et aux autres, de discuter – on l’espère – tant sur la forme que sur le fond. 

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paul

01/08/2020 à 20:47

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