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Albertville se hisse au sommet des métiers et des experts de la montagne

Par Laura Campisano • Publié le 16/09/21

Albertville, terre d’olympiades depuis bientôt 30 ans, mais aussi et surtout, terre d’amour pour la montagne qui n’est plus à démontrer. Le destin de la commune est si étroitement lié au monde de la montagne, qu’elle a créé, entourée de partenaires nombreux, deux événements majeurs : le campus des métiers de la montagne et pour 2022, un sommet international de la sécurité en haute-montagne (Sisha) qui se prépare dès aujourd’hui, pour la sérénité de tous les grimpeurs. 

Ils étaient nombreux les acteurs de la montagne à s’être réunis, jeudi 16 septembre, à la halle olympique d’Albertville : monde économique, du sport, associatif, guides de haute-montagne, sauveteurs, représentants politiques… curieux, enthousiastes, la Savoie était au rendez-vous. Dans le même temps, au Grand-Bornand, le président de la région Auvergne-Rhône Alpes venait dévoiler la nouvelle étape du plan montagne. Hasard du calendrier ou non, nombreux avaient fait le déplacement jusqu’à la cité des jeux pour découvrir l’ambitieux campus des métiers de la montagne ainsi que la première pierre de la première édition du Sisha 2022.

« Un nouvel engagement pour la montagne »

Frédéric Thiriez – Frédéric Burnet FramboretPhilippe Bregorez – Gwenaelle Valentin et Sébastien Eude

Comment ne pas évoquer la montagne sans penser aux nombreux touristes qui tentent des randonnées en sandales et pire, ceux qui s’élancent vers le sommet du Mont-Blanc sans équipement, tous risquant voire perdant leur vie par manque de technique et de préparation ? Territoire de liberté par excellence, la montagne attire, fascine et passionne, mais elle peut aussi se révéler dangereuse tant pour les moins aguerris que pour les plus chevronnés des professionnels. L’idée d’un sommet dédié à la sécurité en haute-montagne a donc germé dans l’esprit de Marc Batard, premier sprinteur de l’Everest, alpiniste chevronné, malheureusement endeuillé par tant de compagnons de cordée disparus. Bien sûr, il faut former, accompagner, emmener en stage les futurs guides qui accompagneront des clients en recherche de sensations. Mais il convient aussi d’aider les « alpinistes » occasionnels ou non, à éviter les risques inconsidérés, pour lesquels la brigade blanche a été inventée à Saint-Gervais. C’est en ce sens que le Campus des métiers de la montagne prend toute son importance. Enseigner pour que les bonnes pratiques deviennent la règle. Les valeurs de respect, d’entraide, d’écoute, d’humilité et de fraternité ont été les maître-mots de cette présentation, et ce de la part de tous les intervenants : Reinhold Messner, Kilian Jornet, Alice Modolo, Jean-Marc Peillex, Catherine Destivelle côté écran, Frédéric Thiriez, Anselme Baud, Philippe Bregorez et Guy Chaumereuil côté salle. Tous sans exception ont unanimement soutenu l’idée du SISHA 2022, tous points culminants confondus.

« Il y a urgence à recruter » selon le président des guides de la Compagnie de la Vanoise

S’il a beaucoup été question de formation, durant cette présentation, menée tambour battant par Rémy Fière, journaliste à l’Equipe, c’est aussi parce que l’urgence est déjà là : avec l’implantation de sites de Clubs Med’ à Tignes, Val d’Isère, La Rozière ou encore aux Arcs, la situation est tendue, niveau recrutement. « Les clubs ouvrent aussi l’été, en montagne », expose lors de la séance des questions-réponses, le président des guides de la compagnie de la Vanoise, « cela fait 60 accompagnateurs l’été, c’est pourquoi nous avons besoin de formation, de personnel de qualité. La pyramide des âges a tendance à s’inverser, il y a urgence. »
Pendant l’année qui vient, le Sisha 2022 se prépare sous la houlette de Marc Batard et Denis Horeau, nécessitant moyens humains, financiers, logistiques, afin que les 9 jours de travail du 14 au 23 octobre 2022 puissent aboutir à la signature de la Charte d’Albertville par les 27 pays dont les sommets culminent. Et comme cette manifestation est prévue sur le Campus des métiers de la montagne, tout est d’ores et déjà mis en œuvre pour qu’elle coïncide parfaitement avec la célébration des 30 ans des jeux « comme une boucle bouclée », sourit Fréderic Burnier-Framboret, maire d’Albertville. « L’an dernier, 400 étudiants se sont formés aux métiers de la montagne, malgré la situation liée au Covid », a renchérit Jean-François Brugnon, adjoint à l’éducation, la formation, l’emploi et les mobilités, ils ont été accueillis dans les salles municipales. « C’est déjà la deuxième année que la Ville a mis en place cette démarche de développement territorial, en accueillant des organismes de formation professionnelle, tels que le Greta, les Domaines skiables de France, l’Ipac, l’IFG, l’UCPA pour ne citer qu’eux. Situé sur le parc olympique totalement réaménagé, le campus des métiers de la montagne comptera l’Olympiade en plus d’une tour de services, une salle multi-activités et un plateau technique, sur le même site que la halle olympique et le centre national de ski et de snowboard. Dès septembre 2022, salles de formation, espaces de coworking et de réunions viendront compléter ces équipements.  » Ce projet de territoire qui est une spécificité de la ville d’Albertville, où il a été initié «, précise Jean-François Brugnon, » repose sur plusieurs piliers, comme la théorie, le plateau technique, la restauration et l’hébergement, mais ne vient pas se substituer aux organismes de formation. C’est plutôt un facilitateur. « Ces deux événements majeurs, attendus avec ferveur à Albertville, en Savoie, et à une échelle internationale, jusqu’au Népal, seront sans aucun doute une nouvelle étape majeure pour la cité olympique.

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1 commentaire

gerard Blanc

18/09/2021 à 15:10

Dans ce contexte de crise climatique et écologique, et face à cette sagesse et unanimité pour accélérer la diversification touristique réffirmés lors de ce Campus des métiers de la montagne, Wauquiez annonce un plan à 100 millions essentiellement pour le ski, dont 30 millions pour passer de 40% à 70% les pistes couvertes par des canons à neige ! Anachronisme et aveuglement idéologique sous la pression des lobbies économiques, cet argent public qui va manquer pour les urgentes transitions. Errare humanum est, sed persevare diabolicum est...

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