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Grand Lac : un réseau de bus plus performant et des services inédits dès le 4 juillet

Par Laura Campisano • Publié le 13/05/22

Plus que deux mois avant la « révolution » du réseau de bus Ondéa. Nous en parlions le 14 juillet dernier et c’est enfin chose faite : Ondéa va non seulement faire évoluer drastiquement son réseau de bus, mais également le transport à la demande, l’offre cycles, le covoiturage et même son image de marque. Des changements notables en faveur de l’environnement d’une part et pour offrir davantage de service aux habitants des 28 communes du territoire Grand Lac d’autre part, au moment où l’énergie devient de plus en plus onéreuse et dont le prix n’a pas fini d’augmenter.

Les ajustements ont déjà démarré sur le réseau de transports de l’agglomération, si on pense à l’arrêt de bus sur le boulevard Lepic, les lignes renforcées vers les établissements thermaux ou encore vers Le Bourget-du-Lac, mais les changements les plus notables se vérifieront à compter du 4 juillet 2022, selon le calendrier annoncé par Grand Lac l’an dernier. Pour le vice-président aux mobilités de Grand Lac, Florian Maitre, « il était normal de revenir vers les élus pour rendre compte de l’avancée des travaux ». L’objectif de l’agglo, permettre à 100% des citoyens du territoire de disposer d’un moyen alternatif à la voiture, toutes les heures, devrait donc être prochainement atteint.

Cadence, horaires, numérotation des lignes et tracé : plus de flexibilité pour un public plus large que les scolaires

Première nouveauté notable, le renforcement de la cadence, avec davantage de bus, plus souvent, sur un réseau remodelé pour lequel l’agglomération Grand Lac a souhaité employer les grands moyens : 5,4 millions d’euros par an jusqu’au 31 décembre 2028, soit un total de 37,8 millions d’euros de budget investis. Ligne par ligne, c’est un bus toutes les 20 minutes au lieu de 40 qui sera à présent mis en place, notamment entre septembre et juin pour l’ancienne Ligne 1 qui relie Pont Rouge à l’Inseec, laquelle ne passera désormais plus par la plage du Bourget pour adopter un tracé plus direct, tandis que l’été, ce sera un bus toutes les dix minutes qui sera mis en place sur cette même ligne. La connexion avec le territoire de Grand Chambéry sera également renforcée grâce à ces modification, principalement la ligne Chrono A, et cette nouvelle ligne sera cadencée avec les TER.

Crédit photo RATP Dev

« Il y aura la même fréquence tout le temps, dix mois par an, détaillait Eric Dardenne, directeur et en charge du projet chez RATP Dev. » Et sur cette ligne, le bus ne passera plus par le Port-aux-Filles, ce qui était une demande des habitants, compte tenu de l’étroitesse de la rue, ajoutait Renaud Beretti, président de Grand Lac, en revanche elle passera par la Zac des bords du lac, ce qui a un sens tant pour les riverains que les futurs salariés des structures et entreprises qui viendront s’y implanter très prochainement. « L’ancienne ligne 2, qui relie Grésy-sur-Aix à Hexapôle sera également renforcée, avec un bus toutes les 15 minutes et des départs plus tardifs principalement en faveur des salariés de l’hôpital qui prennent leur service plus tard ou le terminent à 21h. L’arrêt du centre commercial de Drumettaz-Clarafond sera toujours desservi mais plus au même endroit, car là aussi, le tracé sera plus direct, pour assurer ce cadencement amélioré. Enfin, sur l’ancienne ligne 3, qui relie les thermes Chevalley à l’avenue du Petit-Port, la cadence sera d’un bus toutes les 20 minutes en semaine et un bus toutes les 30 minutes le samedi. Les dessertes seront plus directes pour les deux établissements thermaux ce qui facilitera la vie des salariés.

En plus de ces améliorations de cadencement, le réseau changera également de numérotation des bus, pour démarrer à partir de 100, ainsi que d’identité visuelle. Un rafraîchissement qui signe le renouveau et la volonté de l’exécutif Grand Lac de marquer l’année de travail, de concertation et d’écoute des élus de chacune des 28 communes pour aboutir à ces nouveautés. « Les enjeux sont nombreux pour les déplacements des citoyens, exposait Florian Maître, nous avons véritablement souhaité réorienter notre politique de mobilité, et avec l’équipe mobilité nous avons travaillé durant un an et demi, avec les maires de notre territoire et Grand Chambéry également, pour un réseau remodelé, ce qui s’accompagne d’un nouveau design sur les bus et les vélos. » Car si les mobilités s’entendent souvent sous le prisme des transports en commun, les améliorations concernent l’ensemble du réseau et s’étendent donc au vélo et au transport à la demande.

Le « nouveau-né » Mobéa : le transport à la demande d’Ondéa

Le mini-bus actuel du transport à la demande devrait être rejoint très prochainement par six autres véhicules équipés PMR Crédit photo Ondea

« Le transport à la demande existant avait mauvaise réputation, on oublie, on repart d’une page blanche, souriait Florian Maitre, l’outil de mobilité à la demande que nous mettons en place sur le territoire Grand Lac est le plus innovant de France, il n’existe tout simplement nulle part ailleurs. » Amplitude horaire de 7h à 19h, toutes les 20 minutes, avec 300 points de départ et le dépôt sur un point d’intérêt, tels que la gare ou une plage par exemple, au prix d’un ticket de bus, avec la possibilité de le réserver de 4 semaines jusqu’à 20 minutes à l’avance, c’est « révolutionnaire » s’enthousiasmait Renaud Beretti. Et pour cause, ce service présente un budget de 450 000 euros par an, et passera prochainement d’une flotte d’un minibus à six, afin d’offrir une offre de service garantie sur les horaires qui seront les mêmes tout au long de l’année, sur la dépose et la prise en charge, le tout restant totalement flexible. « Si l’on se rend compte dans quelques mois que les points d’intérêt ne correspondent pas à la demande, nous avons toute latitude pour dresser un bilan et modifier les points d’intérêt, ce que n’offre pas le réseau de lignes de bus par exemple, soulignait Florian Maitre, et si nous sommes victimes de notre succès, nous serons aussi en capacité d’ajuster l’offre. » 

Volontaristes sur la proximité, les élus devaient préciser que pour les personnes à mobilité réduite, la prise en charge ne se ferait pas à un point de départ précis tel un arrêt de bus, mais bien au pied du domicile, le véhicule actuel et les prochains étant adaptés. Quant aux arrêts modifiés ou supprimés, le président de l’agglomération a souhaité rassurer les usagers : « Nous rappelons d’ailleurs que pour l’ensemble des arrêts de bus, si certains ont été supprimés, d’autres ont été créés, avec cette obligation qui nous est faite de ne pas les éloigner de plus de 300 mètres, précisait Renaud Beretti, je sais que cela peut être une forme d’inquiétude pour certains habitants, nous avons fait en sorte de maintenir une distance raisonnable, en réorganisant le réseau pour répondre à cette politique de proximité. » 

Réseau de vélo et covoiturage renforcé

La vélostation d’Aix-les-Bains
Crédit photo Vélodéa

Concernant la vélostation, une petite révolution également est prévue, avec 200 vélos à assistance électrique supplémentaires en 2022, et 300 en 2023, avec une part belle à la location longue et moyenne durée. Pour rappel, 100 vélos représentent un coût de 180 000 euros. Les élus se félicitaient de ce que le schéma directeur concernant le réseau cyclable ait été adopté à l’unanimité, ce qui permettra de passer de 84 km actuellement à 242 km à l’horizon 2030-2035. Objectif, poursuivre les travaux de la véloroute des cinq lacs, portée par la Région qui la subventionne à 80%. Lundi 16 mai, le tronçon du boulevard Franklin-Roosevelt sera par ailleurs poursuivi, pour un mois et demi de travaux afin de sécuriser cette véloroute de la chaussée. Le budget d’investissement en faveur du vélo s’élèvera jusqu’en 2026 à 7,06 millions d’euros.

Pour poursuivre les efforts de l’agglomération quant aux moyens de déplacement alternatifs à la voiture, le covoiturage spontané continue à être développé, avec l’implantation de panneaux lumineux directionnels et le développement d’une communauté de covoitureurs. « Cela devrait aboutir à six lignes identiques sur tout le territoire, expliquait Florian Maitre, il y a un réel potentiel de ce mode de déplacement. J’espère que l’augmentation durable du carburant telle qu’on le vit actuellement va accélérer le covoiturage. Nous devons nous servir des bouleversements actuels pour investir sur les bons outils de déplacement alternatif. » a-t-il estimé. Pour ce faire, la création de parkings de coivoiturage (comme au Sierroz, à la gare d’Albens et du Viviers, prochainement) vont continuer de voir le jour, tandis qu’une gratification en direction des coivoitureurs pourrait également être un levier de développement de ce type d’habitude de déplacement. De même chaque gare de l’agglomération devrait pouvoir se doter d’un parking relais, voire de la réouverture des haltes ferroviaires là où il n’y a pas de gare proprement dite, pour un meilleur accueil des usagers.

Quant au projet de RER métropolitain, qui relierait Grésy-sur-Aix à Montmélian, celui-ci est à l’étude et devrait être rendu d’ici la fin d’année.

Une appli plus performante pour faciliter les usages

C’est le dernier point de la refonte du réseau Ondéa : une nouvelle application encore plus performante, qui permettra de calculer l’itinéraire en bus, à vélo, par Citiz ou en transport à la demande, de réserver ou d’annuler le transport à la demande, de connaître le trafic en temps réel, de réserver un vélo, de payer et de valider les tickets de bus et même de réserver un covoiturage. « Il est important de sensibiliser les plus jeunes à prendre le bus, cette offre a donc besoin de se faire connaître, expliquait Sébastien Castelain, l’objectif est aussi de donner envie aux salariés de reprendre le bus, c’est pourquoi l’accent est mis sur le volet entreprise. Grâce à la nouvelle application, la digitalisation permet de guider l’usager sur tout type de parcours, sur le tracé des pistes cyclables et le temps de parcours, avec un seul compte usager, c’est l’objectif global. » Le réseau Ondéa pourra alors se targuer d’être le premier réseau de Savoie et Haute-Savoie proposant l’open paiement, voire en 2025 le post-paiement, c’est-à-dire sur le même modèle que le badge autoroute, voyager autant qu’on le souhaite avec une facturation en fin de mois et un ajustement au prix réel.

Bien sûr, que les non-geeks se rassurent, les distributeurs de tickets et panneau d’affichage d’informations en temps réel seront disponibles en gare, puisque l’idée est de rendre le bus accessible au plus grand nombre. « Aujourd’hui, il y a une réelle montée en puissance du réseau Ondéa, concluait Florian Maitre, l’agglomération propose une offre de mobilité là où ça fonctionne, mais nous croyons aussi beaucoup à la sensibilisation et au changement des habitudes des usagers. De plus nous travaillons à une tarification commune Grand Lac, Grand Chambéry, TER et vélo. Quoi qu’il en soit, avec cette refonte, nous avons fait un vrai pas en avant. » Pour la découvrir, rendez-vous le 4 juillet prochain.

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